Rêve de Loire

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La Loire est une chance. L'estuaire est une chance. L'océan est une chance. Jules Verne, l'immense écrivain, le visionnaire, notre roi de l'imaginaire, est né dans notre ville. C'est aussi une chance merveilleuse pour Nantes.

C'est autour de ces deux éléments, l'eau et l'imaginaire d'un écrivain, que nous avons choisi de vous proposer un grand projet pour notre ville et notre métropole. Il faut saisir cette chance extraordinaire. Nous devons construire notre vision et nous projeter dans l'avenir à partir de ces deux éléments de notre patrimoine : notre patrimoine fluvial et maritime, et notre patrimoine littéraire.

Lorsque l'on regarde la Loire, aujourd'hui, elle semble triste.

Lorsque l'on regarde ce même fleuve, il y a un siècle, il était si vivant, si actif. Il était couvert de bateaux. Nos quais étaient pleins de monde. Nous avons envie de revoir cela.

Cette nostalgie nous servira de dessin pour le futur.

C'est sur les quais de Nantes, autour de ses anciennes îles, dans l’atmosphère portuaire enivrante de sa ville natale, que s'est forgé l’imaginaire du jeune Jules Verne, dont l’essentiel de l’œuvre s’est construit sur ses souvenirs d’enfance nantaise.

Durant plusieurs décennies, la ville de Nantes a pourtant ostensiblement tourné le dos à la Loire. Elle a oublié que celle que Julien Gracq appelait encore la "Venise de l'Ouest" avait un lien intime qui l’unissait à son fleuve. Elle a oublié la présence d’un port sur son territoire. Elle a oublié qu'elle était une ville de navigateurs, de marins, de pêcheurs, de plaisanciers, d'amoureux du monde de l'eau. En lieu et place d'un projet, on a de vastes friches industrielles ou des quais abandonnés.

Certes, il y a eu un grand débat sur la Loire. Mais qu'en reste-t-il ? Presque rien.

Notre ambition à nous est grande, peut-être un peu folle diront certains.

Mais elle existe. Elle est là. La voici :

En premier, nous voulons créer un parcours « Jules Verne et la mer » associant le musée du même nom, la Médiathèque, le futur espace Cap 44 ainsi qu’un lieu à imaginer sur l'Île de Nantes. Ce lieu sera dédié à la vision et à l’imagination maritime et fluviale de l’écrivain français le plus connu au Monde. Ce "Vernoscope" sera le point central de notre projet. Un lieu dédié à l'univers aquatique, évoquant 20 000 lieues sous les mers. Un centre de pédagogie pour les plus jeunes, sur l'écologie, un espace d'émerveillement pour les familles, un lieu de recherche pour les scientifiques.

Pas très loin, nous pensons qu'il serait temps de construire un pont transbordeur, une véritable signature internationale dans la ville de Jules Verne, à cheval entre le quai des Antilles et les Salorges. Il serait destiné aux franchissements en transports en commun (Busway), aux piétons et aux vélos. Vitrine futuriste de l'innovation, de l'utilisation de nouveaux matériaux, ce pont serait autonome sur le plan énergétique grâce à des panneaux solaires et des hydroliennes immergées.

Nous repenserons le quai Wilson dans l'esprit d'une ville au bord de l'eau, pour accueillir des bateaux de croisières, petits et grands, et des navettes destinées aux transports quotidiens des Nantais. Nous enrichirons la Loire de nouvelles lignes de Navibus, de Vertou à Rezé, et de Nantes à Couëron. Nous étudierons une liaison rapide entre Nantes et Saint-Nazaire.

Dans ce même mouvement vers l'eau, nous permettrons la construction d'un habitat fluvial typique des villes hollandaises et qui font leur charme. Nous faciliterons l'installation de restaurants, de guinguettes, au bord de l'eau, pour créer une atmosphère chaleureuse et pétillante. Des itinéraires de balades, à vélo, à pied, en trottinettes, seront proposés pour la découverte des magnifiques paysages de la Loire, de l'Erdre et de la Sèvre Nantaise.

Le « port de la Madeleine » sera valorisé pour les plaisanciers, et des pontons ajoutés pour faciliter l’accueil de bateaux du patrimoine et de voiliers tels que le Belem, notre joyau.

Nous travaillerons main dans la main avec le Grand Port Maritime pour y créer des activités liées au nautisme, notamment du côté du Bas-Chantenay. Nous estimons qu'il est temps également d'envisager un conservatoire maritime et fluvial. Il mettrait en relation et collaboration tous les ports de l'estuaire, de Saint-Nazaire à Nantes en passant par Couëron et Paimbœuf. Il présenterait l’histoire maritime de l’estuaire, du port de Nantes en particulier, à la hauteur de son passé prestigieux d'ancien premier port d'Europe. Enfin, il proposerait également un regard sur l’environnement, les métiers et les pratiques liés au fleuve.

Les petits Nantais pourront bénéficier de « classes Jules Verne » pour les sensibiliser au monde marin, à l'écologie du fleuve, aux métiers de la mer. Sur l'île de Nantes, nous envisageons de dédier un espace pour la pratique du kayak. La Loire pourrait accueillir des compétitions sportives ludiques opposant des équipes représentant les communes de bord de Loire de la Métropole. Nous étudierons l'accueil du départ de grandes courses au large.

Lieux de transit, la Loire doit davantage être utile au transport par barges fluviales de marchandises autour des filières industrielles en devenir et du BTP, ou des déchets. Cela soulagerait la circulation en ville et permettrait de réduire la pollution.

Fidèle à l'esprit d'innovation de Jules Verne, nous ancrerons un pôle maritime et naval du côté du Bas-Chantenay. Il concentrera les différentes filières de recherche et de développement des industries de la propulsion, au nautisme, aux services divers liés à la navigation de plaisance et à la formation.

Afin que nos jeunes se sentent en sécurité, nous proposons la création d’une brigade fluviale destinée à sécuriser les personnes durant les grands évènements en bordure de l’eau (Rendez-vous de l’Erdre, Fête de la Musique, etc.) mais également les rendez-vous festifs place de la Bonde, quais de Versailles et Ceineray, et au Hangar à bananes. Nous devons protéger les enfants de Jules Verne.

La Loire est une chance. L'estuaire est une chance. L'océan est une chance. Nous ne devons pas la gâcher. Il y a tant de belles choses à faire, au bord de l'eau, et avec vous.

Je suis né à Nantes, où mon enfance, s'est tout entière écoulée. Fils d'un père à demi-parisien et d'une mère tout à fait bretonne, j'ai vécu dans le mouvement maritime d'une grande ville de commerce, point de départ et d'arrivée de nombreux voyages au long cours. Je revois cette Loire, dont une lieue de ponts relie les bras multiples, ses quais encombrés de cargaisons, sous l'ombrage de grands ormes, et que la double voie du chemin de fer, les lignes du tramway ne sillonnaient pas encore. Des navires sont à quai sur deux ou trois rangs ; d'autres remontent ou descendent le fleuve.
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